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A LA RECHERCHE DE NOS ACTEURS PERDUS: HOMMAGE AU G...

A LA RECHERCHE DE NOS ACTEURS PERDUS: HOMMAGE AU GRAND MOHAMED MAJD

La 90ème Cérémonie des Oscars 2018 vient d’avoir lieu le 4 Mars 2018. Au-delà des paillettes et des messages transmis par les acteurs, il y a une rubrique phare et immanquable, celle des acteurs, et réalisateurs décédés durant l’année.

Cette capsule qui a concerné, durant cette édition, entre autres, Harry Dean Stanton, Martin Landau, Roger Moore, Sam Shepard, George A. Romero, Jerry Lewis, Jeanne Moreau et Danielle Darrieux nous rappelle l’importance des acteurs décédés laissant un héritage cinématographique pour les jeunes générations.

Au Maroc, il est important pour nous de conserver la mémoire de nos stars nationales à travers des écrits mais également des documentaires, des livres, des musées etc… C’est dans cet esprit que Kawn Culture lance une Série Portaits/Hommage aux grands acteurs et actrices marocains pour que leur empreinte reste éternelle.

Commençons donc cette série par Mohamed Majd. 

Majd, le glorieux

Son nom signifie la gloire en arabe et est révélateur de sa destinée. Il a été lui-même. Il n’a imité personne. Ses rôles mêlent gravité et tendresse. Son visage et son regard sont profonds et semblent vouloir passer un message de tendresse et de compréhension. Je l’ai découvert pour la première fois en pêcheur dans le film de Nabil Ayouch, « Ali Zaoua, prince de la rue » (2000).Il est ce vieux pêcheur qui semble avoir enduré de nombreuses souffrances mais qui reste un homme qui croît dans la bienveillance. Il est le seul à croire dans les rêves des enfants.

Il est également impressionnant dans « Le Grand Voyage » d’Ismail Ferroukhi où il joue le rôle du père du héros (interprété par Nicolas Cazalé) voyageant ensemble en direction de la Mecque pour accomplir son pèlerinage. C’est un huit clos et règlement de compte familial qui se joue dans une veille voiture. Mohamed Majd déploie tout son art en étant à la fois, autoritaire, tendre, obtu et distant.

Mais qui est Mohamed Majd ?

Il est né en 1940 à Casablanca dans le quartier populaire de Derb Sultan. Dès l’adolescence, il s’intéresse au théâtre. Il se forme ensuite pour devenir technicien éclairagiste. A l’âge de 19 ans, il intègre la troupe théâtrale du grand Tayeb Seddiki jusqu’en 1970.Il participe également à la pièce des trois frères Seddiki « Arras wa Chaakouka ». Il fait ensuite un passage par la musique dans le groupe Jil Jilala (groupe à l’origine de chanson comme Chemaa, nour Al Anwar). Puis c’est le Cinéma qui l’adopte.

37 ans de carrière au cinéma et plus de 20 films marocains et internationaux parmi lesquels :

1. Le Message de Mustapha Akkad (1976) 2. Ali Zaoua, Prince de la rue de Nabil Ayouch (2000): https://www.dailymotion.com/video/xpwcgj

3. Une minute de Soleil en moins de Nabil Ayouch (2003)

4. Mille mois de Faouzi Bensaïdi (2003) : https://www.youtube.com/watch?v=ngqomFVLxb0

5. Le Grand Voyage de Ismail Ferroukhi (2004) : https://www.youtube.com/watch?v=GHwyHyIuFhk

6. Syriana de Stephan Gaghan avec Georges Clooney et Matt Damon (2006)

7. En attendant Pasolini de Daoud Oulad Syad (2007)

8. Zéro de Noureddine Lakhmari (2012)

Mohamed Majd est allé faire son cinéma dans l’au-delà en 2013 suite à des complications respiratoires. Il est enterré dans le cimetière Acchouhada à Casablanca.

 

Ecrit avec passion par Abbas Msefer


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