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« BURN OUT »: RENCONTRE AVEC LE RÉALISATEUR

« BURN OUT »: RENCONTRE AVEC LE RÉALISATEUR

INTERVIEW CINÉMA
Après CASANEGRA et ZERO,  le Cineaste Marocain Nour Eddine Lakhmari revient avec le tout dernier film de sa trilogie sur Casablanca: « BURN OUT ». Kawn Culture est allé à sa rencontre.

A quand « Burn Out » sur nos écrans ? ComRésultat de recherche d'images pour "BURNOUT MAROC FILM AFFICHE"ment appréhendez-vous la réaction du public?
La sortie de « Burn Out » est prévue pour la rentrée 2017.
J’espère que le public adhérera au message du film autour duquel nous pourrons créer des débats.

Quel message avez-vous souhaité véhiculer à travers « Burn Out »? Quelles valeurs y défendez-vous?
Notre société a grandement besoin de confiance, d’amour et de tolérance, que j’ai essayé de véhiculer . L’amour est une des valeurs fortes présente dans le film, qui doit à mon sens rayonner car on ne peut aimer l’autre si l’on ne s’aime pas.

Pourquoi le choix de Casablanca dans tous vos films?

Pour moi, Casablanca correspond à un « Micro-Maroc », puisqu’on y trouve tout: l’ancienne médina, la nouvelle médina, les riches, les pauvres, la classe moyenne, la brutalité et la violence. Casablanca peut être très généreuse aussi. Enfin, elle représente un fabuleux décor pour le cinéma, similaire à un musée. J’aime filmé Casablanca que j’affectionne beaucoup, mais je n’y suis pas figée pour de prochaines réalisations. Lorsqu’on raconte une histoire, c’est toujours l’histoire qui décide du lieu du tournage.

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Quelle à été votre approche pour le casting du film? Et Comment travaillez-vous avec vos acteurs?
J’ai eu la chance de travailler avec de vrais talents. Ils y  en a beaucoup au Maroc, hélas inconnus, à qui il faut donner la chance. Je pense que chaque acteur apporte quelque chose avec lui. C’est en puisant à l’intérieur de cet acteur que nous pouvons voir ce qu’il peut apporter au personnage du film. Ainsi, j’utilise en premier lieu « La matière brute » de l’acteur, en le poussant à travailler et comprendre le personnage que nous créons ensemble, définissons et le comprenons, avant que le comédien puisse l’incarner.

Comment sont reçu les valeurs de vos films face à une société marocaine de plus en plus conservatrice?
Dans les années 50, Bergman a réalisé le film « le Septième Sceau » en défiant la société suédoise protestante. Ce film a connu de nombreuses critiques et oppositions , mais est finalement considéré aujourd’hui comme un des films majeurs du cinéma mondial.
Un artiste ne peut pas subir son environnement, mais c’est l’environnement qui doit subir l’artiste.
L’histoire et les futures générations vont nous juger sur cela. Je dois donc accomplir mon travail qui est celui de tous les cinéastes: Véhiculer des messages importants, malgré les oppositions;

Pourquoi « Burn Out »? Décrivez nous en quelques mots l’histoire du film.
Notre société est en burn out. La fatigue et le mal être se sont généralisés.
Burn Out , ce sont trois histoires qui se rejoignent…
Un riche blasé, en détresse, qui veut se débarrasser de tout, y compris de sa femme;
Un enfant cireur de chaussures, qui rêve d’acheter une prothèse à sa mère;
Une étudiante en médecine qui finit sa journée en Call Girl; Ils viennent tous de milieux radicalement opposés. Le film parle des contradictions que connait la société casablancaise et son mal être.

A votre avis, qu’est ce que le cinéma Marocain peut apporter à notre société ?
Énormément, C’est le miroir de la société. Le cinéma peut parler de l’identité et l’image des marocains. le cinéma peut même décomplexer une société.
A travers lui, nous créons notre propre image , et cela constitue la force même de l’esprit humain.
Aujourd’hui, le marocain ne lit plu mais Résultat de recherche d'images pour "BURNOUT MAROC FILM AFFICHE"regarde beaucoup d’ images. C’est donc aux cinéastes d’être au rendez-vous.

Que pensez-vous du cinéma Marocain actuel?
J’aurais aimé qu’on fasse plus de films de qualité. Cela viendra, j’en suis sur. C’est une industrie jeune mais le marché du cinéma se développe lentement au Maroc. Le cinéaste Marocain est en train d’évoluer et de se décomplexer. Avec le temps, il se surpassera.

Que pensez-vous du rapport des Marocains à la culture?
La culture est une question d’éducation. Une grande majorité des Marocains n’ont pas accès à l’art et la culture, les politiques ne les favorisant pas chez nous. Ainsi, le budget prévu pour le cinéma et la culture est très faible.

By Celine Croze

Dans les pays développés, la culture a une grande place dans les budgets gouvernementaux et cela fait toute la différence.  A titre d’exemple, la culture et l’art rapportent plus à la France que l’industrie automobile. J’espère que l’art et la culture auront leur place dans la société marocaine car je suis convaincu qu’ils peuvent être rentables pour le Maroc à tous les niveaux.

Quels sont vos prochains projets après Burn Out ?
Il y a trois projets à venir, qui s’articulent autour de la femme.

 

 

Nour Eddine Lakhmari