En Lecture

CINEMA: SOFIA DE MERYEM BENM’BAREK PRIME AU ...

CINEMA: SOFIA DE MERYEM BENM’BAREK PRIME AU FESTIVAL DE CANNES

Sélectionné dans la Catégorie « Un Certain Regard » de la 21ème édition du Festival de Cannes, le film « SOFIA » de Meryem Benm’Barek a remporté le prix du meilleur scénario.

Une fierté pour cette jeune réalisatrice Franco-Marocaine de 33 ans, ayant déjà reçu le prix du meilleur court-métrage au festival de Rhode Island aux Etats-Unis pour son film « Jennah ».

« Sofia », son premier long métrage ayant pour thème principal « La fracture sociale », est l’histoire d’une jeune femme casablancaise qui tombe enceinte en dehors des liens du mariage. Elle se retrouve ainsi dans l’illégalité, rejetée par son entourage.

Prise de douleurs au ventre lors d’un repas de famille, Sofia se rend compte qu’il s’agit d’un déni de grossesse. Arrivée à l’hôpital accompagnée de sa cousine, c’est avec difficulté qu’elle réussit à convaincre le corps médical d’être prise en charge, malgré l’acte sexuel hors mariage puni par la loi marocaine. Elle arrive enfin à accoucher mais lui reste moins de douze heures pour retrouver le père de son enfant et légaliser ainsi la situation….

Ce sont deux personnages féminins qui représentent chacun un versant de la société marocaine, Sofia jouée par Sara Elmhamdi Elalaoui, faisant partie d’un milieu populaire et sa cousine franco-marocaine d’un milieu privilégié incarnée par Sarah Perles, qui représente le regard occidental porté sur le Maroc.

Le film commence par un thriller social avec la quête d’un père, pour basculer par la suite vers un drame familial.

La réalisatrice compare l’histoire vécue par le personnage de Sofia à un « Rouleau compresseur sociétal pouvant pousser au mal être et à la folie », et remet en cause ainsi à travers ce film certaines lois arbitraires dans le monde arabo-musulman qui briment les choix libres des individus. C’est aussi une critique du regard occidental porté sur le monde arabe, dont la lecture peut être incomplète notamment à travers une certaine élite occidentale regardant de haut le statut de la femme dans le monde musulman.

Meryem Benm’Barek, à travers ce film, repense la condition de la femme, dans son contexte économique et social, et met avant tout en avant une certaine « fracture sociale », que soit au Maroc ou dans le monde arabe de manière générale, dans laquelle  la jeunesse puise son amertume, sa colère, ses revendications….

Ce film invite à s’interroger sur la condition féminine dans le monde arabe, à travers le prisme de la situation économique et sociale du pays, où la fracture sociale demeurre.

Il pousse ainsi à la réflexion en soulevant des questions sociétales pouvant être vécu par tout un chacun…

 


Commentaires fermés