FARROKH LE MOUSTACHU

Un article de Abbas Msefer

Alors que sous nos cieux, elle est considérée comme symbole de l’autorité, de virilité et d’honneur, j’ai découvert que la moustache était un signe de créativité, d’art, de musique, de show, de persévérance, de croyance en soi et de respect de l’autre.

J’ai fait cette découverte à travers “Bohemian Rhapsody”, film de Bryan Singer (qui n’est autre que le réalisateur du mystérieux “The Usual Suspects”, de l’historique “Valkyrie” et des incroyables “X-Men”) qui revient sur l’incroyable épopée d’un chanteur unique, magistral, d’une météorite qui se prénomme Freddie “Fuck” Mercury (anciennement Farrokh Bulsara).

Je connaissais le groupe Queen, j’en étais Fan. “The show must go on”, “We’re the champions” m’ont bercé et enchanté par ce mélange de musique classique et de rock. Il est vrai que le groupe était connu pour son chanteur et son exubérance mais je n’aurais jamais pu imaginer que l’histoire du groupe derrière les projecteurs était aussi intéressante.

Grâce à ce film, je découvre que l’histoire de la composition du groupe est digne d’un conte de fée dans lequel une âme perdue, qui sait qu’elle a quelque chose à partager, rencontre des musiciens à la recherche de leur “Guide”. Grâce à sa voix perchée, grâce à ses déhanchements qui sont un mélange d’Elvis Presley et de contorsionniste, Freddie le Zoroastrien s’impose comme un Mozart que rien n’arrête: ni les producteurs conservateurs, ni les proches manipulateurs.


Freddie trouve son inspiration dans la nature brute, il l’a trouve aussi instantanément face à cet immense tsunami humain qui remplit le stade de Wembley. En effet, c’est lors du Live Aid, concert organisé par Bob Geldof en 1985 que Freddie semble communier avec cette foule immense devant lui qui reprend ses chansons à la lettre et qui interagit avec lui dans un ultime concert similaire à un dialogue entre les anges et les humains.

Avant de visualiser ce film, il y avait pour moi Queen et Radio Gaga mais maintenant il est clair pour moi que Freddie était un messager dont le message était que la Musique est la clé de la survie de l’humanité.
Le film nous fait vivre les concerts de l’intérieur et nous faisons double avec Freddie. C’est le spectateur qui le pousse à aller sur scène pour qu’il se lance, pour qu’il fredonne, qu’il danse et qu’il envoûte toutes ces personnes avides de belles chansons.

Freddie est également un être totalement fait d’amour. Un amour éternel pour Mary. Un amour pour les membres de son groupe. Un amour pour sa famille malgré le rejet du père. Son amour pour Jim Hutton.
J’aurais pu sortir de cette salle de cinéma en disant voilà un Biopic de plus, de trop mais non je ne dirais pas cela car “Bohemian Rhapsody” est tout sauf une banale biographie d’un artiste.


C’est une oeuvre artistique à part entière qui donne la possibilité au spectateur de vivre cet instant unique où l’Artiste rencontre l’inspiration et c’est un moment, je pense, qui peut être qualifié de divin. Grâce à ces prises de vue plongeantes du stade, grâce à cette musique enivrante, le spectateur se retrouve impliqué dans le processus créatif.
Je n’oublierais jamais cet acteur qui s’appelle Rami Malek qui ne ressemble pas du tout à Freddie Mercury mais qui l’incarne à merveille reprenant de manière parfaite sa gestuelle, ses mimiques et sa posture. Il arrive, en fait, à recréer un Freddie qui nous avait manqué depuis sa disparition le 24 novembre 1991.

Rami Malek a redonné vie à Freddie et m’a permis de constater à quel point Freddie était le digne descendant de Mozart car comme Wolfang, il a brisé les tabous qui voulaient séparer la musique classique du Rock.
Finalement, Queen et Freddie Mercury ont donné naissance aux plus belles phrases qui doivent nous guider vers notre destin : “The show must go on” pour la persévérance et “We are the champions” pour croire en nous et en notre capacité de rêver grand et de changer les choses.Bohemian Rhapsody, réalisé par Brian Singer
Je dédie cet article à Abdelkader Ellaabi, disparu dans la fleur de l’âge et grand amoureux de la musique.


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