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LA DOUCEUR DES POÈMES DE ILHAM ECHEDDADI: QUAND NA...

LA DOUCEUR DES POÈMES DE ILHAM ECHEDDADI: QUAND NATURE ET POÉSIE NE FONT QU’UN

EN MER

Comme un murmure vague qui exprime le chagrin,

Une musique dont on ne perçoit pas encore les accords,

Tes flots accompagnent le souffle de nos corps,

Allument l’ardeur de nos désirs enfantins.

Au loin, un bateau amarré, prêt à lever l’ancre.

A l’arrière, un pêcheur jette son filet d’amour, sa palangre,

Chaque jour, là, comme un amant fidèle en communion avec l’infini.

Il nous offre l’écume de nos élans ensevelis.

Ô pêcheur, tends-nous cette toile divine où se reflètent les dégradés de la vie.

Cette image d’une autre possible, totalement nourri du vide.

Qui fait palpiter le coeur du spectateur avide.

Ilham Echeddadi

 

LA PROMENEUSE DE L’AUBE

Dans une nuit chaude d’été,

Elle s’est éprise: d’un élan de résistance,

La promeneuse de l’Aube.

Pour rejoindre, à l’aurore naissante, la place des épices.

Sa quête de sens et de symboles,

Dans les limbes abysses,

l’avait menée jusque-là, sur ce sentier ocre, interminable.

Elle tentait en vain d’y reconstituer,

Le miroir fragmenté de cette étrange odyssée.

Cet acte de liberté à l’aube du jour ,

Et à la fin de la nuit, l’avait armée à l’infini.

Recouverte d’entrain, dans sa course effarée,

Des chemins à frayer.

Etait-il passé par là? Avait-il admiré cette fenêtre en fer forgé?

Senti cette brise aux parfums d’orangers?

Caresser le blanc pur de ces murs?

La simple idée d’avoir partagé un moment commun,

Ravivait en elle le souvenir du passé.

Le jour succéda à la nuit,

Sans peine et sans mélancolie.

Sur la cadence des mots et des chants enivrants de sa vie.

Déjà, au loin, se dessinait le reflet du visage blême de son père,

Sur l’eau claire du port de Mogador.

Ilham Echeddadi

FLEUVE DU NIGER

Fleuve de mon coeur,

Tu infuses mes jours de tes senteurs.

Tes rivages parfaitement dessinés,

Secouent mes toiles bleues fantasmées.

Mon enfance ici fut un rêve sans trêve.

Mon expérience d’homme, nourrie du destin et du glaive.

Comme un prisonnier du temps, perdu au milieu de ton île,

Les oiseaux chantent depuis longtemps mon exil.

Ilham Echeddadi

 


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