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MARIA DAIF: UNE PASSIONNÉE DE CULTURE A LA TÊTE DE L’UZINE

 

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Credit photo @Mehdy Mariouch

Fille du quartier industriel de AïnSebâa et fervente militante culturelle, Maria Daïf dirige d’une main de fer l’UZINE, cet espace culturel qui fait briller la jeune scène artistique marocaine en lui proposant un véritable support et accompagnement, tout en offrant au public une large programmation culturelle de pièces de théâtre, projections cinématographiques, expositions d’art, concerts, performances de danse, masterclasses et ateliers artistiques divers, ouverts à toutes et à tous.

Issue de l’enseignement public marocain, ce dont elle est fière, Maria Daïf grandit dans une famille marocaine moyenne et conservatrice qui ne lui permet pas d’accéder jeune aux sorties culturelles comme elle l’aurait souhaité. Elle se passionne alors pour la lecture et les classiques du cinéma américain et égyptien diffusés sur la télévision marocaine et loués dans les vidéothèques d’Agadir où elle a vécu quelques années.

Licence en lettres et DEA en poche à la Faculté de Mohammedia puis à Rabat, elle rejoint le magazine Femmes du Maroc en 1997, en tant que journaliste société et culture. Ce poste qu’elle occupera jusqu’en 2001 lui permettra de suivre la naissance de la culture indépendante et alternative, notamment les premières éditions du festival de musiques urbaines « L’Boulvard » à Casablanca ou encore le festival « Gnaoua et musiques du monde » d’Essaouira.

Le métier de journaliste culturelle, qu’elle affectionne tout particulièrement, lui permettra de s’engager auprès des artistes de tous bords et disciplines et de les soutenir dans ses articles.

En 1998, André Azoulay lui accorde une interview en marge du Festival Gnaoua d’Essaouira et développe. Il y parle alors de l’impact que peut avoir la culture sur le développement du Maroc. C’est un tournant dans la carrière de la jeune journaliste : « A partir de ce moment, j’ai été piquée par le virus. La culture est devenu mon champ de bataille, j’en ai fait mon combat »,  nous précise-t-elle.

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Credit Photo @Ahlam Marron

En 2001, elle rejoint le magazine hebdomadaire Telquel à sa création. Elle y militera pour que la culture soit abordée dans la presse au même titre que les autres sujets. Jusqu’en 2005, au sein de ce prestigieux support, elle aura l’occasion de dénicher de multiples talents et découvrir le travail de nombreux artistes : «Chacun son prophète, les miens sont les artistes».

A partir de 2007, Maria Daïf travaille de manière indépendante et oeuvre pour une nouvelle mission :  attachée de presse pour des projets culturels indépendants. Elle ajoute: « J’avais un réseau d’artistes et un autre de journalistes. Mon rôle était de défendre les premiers devant les seconds. Je ne me contentais pas de rédiger des communiqués de presse,je prenais le temps de disséquer les projets, de les comprendre. Chaque projet devenait le mien. Il s’agissait d’avantage de médiation culturelle que de relations presse ».

Elle rejoint en parallèle deux associations, en tant que membre du comité de sélection des projets à soutenir : « Art Moves Africa » (Pour la mobilité des artistes en Afrique) et « Young Arab Theater Found » (destiné aux artistes et projets culturels dans le monde arabe);

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En quelques années seulement, elle dirige divers événements culturels et oeuvre pour la promotion d’artistes. Dans le cadre d’une mission dans une agence d’événementiel, elle monte notamment un festival de Aïta et dirige pendant deux ans l’édition d’un livre autour de la reconversion des abattoirs de Hay Mohammadi en lieu culturel, projet qui réunit les écrits de plus de 50 artistes et acteurs culturels, financé par la Ville de Casablanca et la Ville d’Amsterdam et porté par l’association Casa mémoire.

En 2014, elle décide de mettre entre parenthèses le métier de médiatrice culturelle et revient à ses premières amours, en rejoignant l’équipe du magazine féminin marocain « ILLI » (prénom de sa fille) aux côtés de Aicha Sakhri. Elle continue en parallèle à enseigner le journalisme à l’école Com’Sup : « La transmission est très importante pour moi. Il ne s’agit pas d’apprendre aux jeunes un métier mais de leur transmettre une passion » précise t-elle.

Elle animera par la suite l’émission radiophonique Programme de Stars sur Atlantic Radio (elle reçoit dans une ambiance intime des artistes) puis les chroniques « les Culturismes de Maria Daïf » avec l’équipe de la Matinale sur radio 2M.

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L’équipe Hip Hop de L’UZINE – Credit photo @ Yoriyas Yassine Alaoui

Maria Daïf, l’ »amie des artistes » prend la direction de la Fondation Touria et Abdelaziz Tazi et son espace culturel L’Uzine en 2015, soutenue par une équipe jeune, passionnée et engagée. Leur crédo et celui de la famille Tazi qui a initié le projet et le finance : la culture est un droit pour toutes et tous.

Depuis 3 ans, grâce à une adhésion symbolique à l’espace (200 dhs l’année), des jeunes Casablancais bénéficient d’ateliers, ont des espaces de travail (salles avec parquet, studios de musique, espaces polyvalents…) et un accès gratuit pour la plupart des spectacles : « le but étant d’encourager les jeunes qui le désirent à s’exprimer par l’art, de leur permettre de travailler aux côtés d’artistes confirmés de différentes disciplines. Cela les encourage à percer dans leur passion. « C’est comme cela que nous arrivons à dénicher de nouveaux talents que le public vient découvrir », nous confie Maria Daïf.

C’est de cette manière que L’Uzine et la Fondation Abdelaziz et Touria Tazi sont devenus en deux ans des acteurs incontournables pour le développement de la scène culturelle et artistique marocaine. « Les jeunes Marocains n’ont pas plus ni moins de talent que d’autres jeunes à travers le monde. Ce qui leur manque, c’est le soutien, l’accompagnement et les opportunités d’émergence. C’est ce que leur offre l’Uzine. Nous croyons fortement que beaucoup de ces jeunes auxquels nous croyons feront la scène artistique de demain », conclut Maria Daïf.

 

Portrait Principal: Credit photo @Elise Orthiou Campion

 

 


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