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« TINGHIR-JÉRUSALEM – LES ECHOS DU MELLAH »: MEMOIRE DE L’HISTOIRE DES JUIFS BERBÈRES DU MAROC

« Tinghir – Jérusalem, Les Echos du Mellah », Un documentaire de Kamal Hachkar, qui en dit long sur sur la communauté juive de la région de tinghir. Ces derniers ont vécu pendant de nombreuses années au Maroc, côtoyant le quotidien de nombreux musulmans, avant de devoir quitter famille, domicile, voisins, métier, Pays, et toute une vie pour rejoindre Israel. 

Natif de Tinghir, Kamal Hachkar grandit en france. De père ouvrier,  Il quitte le Maroc à l’âge de 6 mois, en 1977.  En tant qu’historien de formation, Il décide de s’intéresser à ses origines et entame une longue recherche sur les Juifs Marocains de sa région. Il essaye alors de comprendre les raisons qui les ont poussé à quitter le Maroc entre les années 50 et 60.

En tant que réalisateur, l’idée lui vint d’en faire un documentaire. 

« En discutant avec mon grand-père, j’ai été surpris d’apprendre qu’une communauté juive berbère habitait Tinghir, cohabitant alors avec les musulmans dans l’harmonie la plus totale ». Précise Kamal.

Touché par cet « arrachement à la terre », il décide de recomposer le Puzzle à travers la mémoire des anciens, s’intéressant à la manière dont l’histoire des juifs de Tinghir fut transmise aux nouvelles générations. 

Il retourne dans les archives coloniales francaises, à Nantes, puis décide d’aller à la rencontre de personnes entre Tinghir et Jerusalem, ayant vécu cette phase importante de l’histoire du Maroc.

« Moi même issue du croisement de plusieurs cultures, j’ai voulu mettre en exergue la pluralité de l’identité marocaine. Il m’était nécessaire de transmettre une partie de l’histoire de mon pays aux nouvelles générations, pouvant être ignorantes de ce passé. »

En réalisant son documentaire, Kamal Hachkar rend alors hommage à sa ville natale Tinghir, à son passé et à ses habitants . Il met en lumière la coexistence paisible dont ont pu jouir musulmans et Juifs dans le sud du Maroc, et ce jusque leur départ à partir des années 50, la dernière famille juive de Tinghir ayant quitté en 1964.

Le documentaire laisse entrevoir un Maroc pluriel. Un Maroc symbole de tolérance, où Juifs et Musulmans se sont toujours tenus par la main, se rendant visite régulièrement, commerçant ensemble, parlant la même langue le berbère, partageant leurs moments de joie, et allant même jusque proclamer ensemble en musique, l’amour de leur pays. Certains artistes juifs, ont d’ailleurs marqué l’histoire de la musique marocaine, telles que la célèbre chanteuse de Malhoun Zohra El Fassia, véritable figure emblématique des années 30, que nous cite le réalisateur. 

« Ma famille à travaillé avec les juifs de Tinghir, que ce soit mes grands parents ou mes parents. Ma grand-mère réparait ses bijoux chez des commerçants juifs. Ils se souviennent tous de cette sociabilité entre les deux communautés et du vide qui s’est créé au lendemain du départ des juifs de Tinghir. » ajoute Kamal.  

Si l’on peut retenir une chose du documentaire « Tinghir- Jerusalem, les échos du mollah », c’est certainement l’attachement profond des juifs du Maroc pour leur pays, la douleur ressentie loin de celui-ci et la nostalgie d’une montagne de souvenirs, fruits d’une époque révolue. 

A propos de Kamal Hachkar:

Kamal Hachkar est un  réalisateur franco marocain. Né en 1977 de parents musulmans berbères, il quitte son pays natal à l’âge de 6 mois avec sa mère pour rejoindre son père immigré en France depuis 1968.

Après des études d’histoire à la Sorbonne, Il obtient une maîtrise d’histoire médiévale des mondes musulmans. En 2005, il passe son Certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement du second degré et devient enseignant.

Intéressé par la culture juive au Maroc et le patrimoine judéo marocain mais surtout attaché au besoin de mieux comprendre ses origines, il décide de découvrir cette culture en Israël et au Maroc et devient réalisateur.

« Tinghir-Jérusalem, les Echos du Mellah » réalisé en 2012, est son premier documentaire.

Entre 2012 et 2013, Il obtient plusieurs récompenses:

Prix de la première œuvre au Festival National du Film de Tanger / Grand prix du meilleur film au Festival International du film sur les Droits Humains de Rabat, Grand prix du meilleur documentaire du Festival international du Cinéma et de la Mémoire Commune de Nador / Prix Ahmed Attia au festival Medimed de Barcelone, Prix du meilleur documentaire au Festival International du film Berbère de Paris / Prix du meilleur documentaire au festival Jewish Eye de Ashkelon.

En 2019, il réalise son documentaire « Dans tes yeux, je vois mon pays », qui sera disponible bientôt sur nos écrans. On y retrouve, Neta Elkayam et Amit Haï Cohen, deux musiciens vivant à Jérusalem, qui partent pour le Maroc, le pays natal de leurs grands-parents, à la découverte de leurs racines, et de l’héritage culturel. Il a été récompensé par le Prix spécial du Jury, dans la catégorie « Documentaires », lors du dernier Festival national du film de Tanger (2020).

Lien du documentaire « Tinghir-Jerusalem: Les Echos du Mellah »:

A découvrir en meilleure qualité, tout ce week end (24 & 25 Mai 2020) sur le site du Centre cinématographique Marocain: https://www.ccm.ma/

A découvrir également , gratuitement,  en français, anglais & hébreu ➔ https://bit.ly/2wKicrZ
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